L'histoire

A l'époque Chasséenne, dans le sous-sol de Lattes, on a retrouvé des pointes de flèches en silex.

Conquérant graduellement l'Europe, Attila, roi des huns (434-453), finit par se lancer à l'assaut de la Gaule romaine. Leur réputation les précède, les romains en eurent une telle peur qu'ils récitaient dans leurs prières, comme nous le signale P. Roth, " Préservez-nous, Seigneur, des flèches des Huns ". Après la défaite infligée aux Huns aux champs Catalauniques en 451, et la mort d'Attila deux ans après, les Huns se répandirent en Hongrie, puis vers l'Ouest. Ainsi ne pouvant aller plus loin, ils s'établirent en Bretagne, où le type tartare s'est conservé jusqu'à nos jous. (Tiré du grand livre des armes de C.T.R. Jackie Blas).


Pendant tout le Moyen Age, les archers ne constituèrent en Europe occidentale que des corps spéciaux recrutés parmi le peuple, car les arcs et les flèches n'étaient ni embarrassants, ni coûteux. Ceci n'avait pas cours hormis chez les Artésiens et les Flamands dont l'esprit communal développera considérablement le tir à l'arc, à telle enseigne qu'il y est encore couramment pratiqué en tant que sport, ainsi qu'Outre Manche.



En 471, la première Compagnie de Soissons fut créée par SAINT PRINCE, évêque de Soissons. Gardienne des reliques de Saint-Sébastien, elle collabora à l'administration de toutes les Compagnies, avec les abbés de Saint-Médard-des-Soissons, grands maîtres des chevaliers de l'Arc.

L'arc est utilisé au début des batailles puis les archers, après avoir tiré une douzaine de flèches pour protéger les premiers assaillants, ceux-ci montent à l'assaut presque immédiatement, plaçant les échelles ou portant les béliers. Tantôt ils subissaient, en rase campagne les assauts de la cavalerie avant de finir leur carquois. L'arc était surtout une arme de défense de places fortes, châteaux, utilisé sur les remparts de villes d'où l'on tirait au travers de meurtrières comme les arbalètes (utilisées sous le règne de Louis VI le Gros le concile de Latran interdit l'usage de l'arbalétrier, puis arquebuses et mousquets firent leur apparition ).

Les assaillants se protégeaient eux-mêmes par des mantelets ou tabliers de bois, lesquels venaient se planter de flèches, ou par des boucliers , ils avançaient en formation (carapace de tortue) serrée.



En 558, fondation de la Compagnie d'Arc de Soissons qui a une place importante sur tous les jeux d'arc d'aujourd'hui car elle fut pendant 10 siècles, la source de la vitalité de toutes les Confréries de Saint-Sébastien dont chaque Chevalier de l'Arc dépendait. Gardienne des reliques de notre Saint patron, collaborant à l'administration de toutes les autres Compagnies, avec les abbés de Saint-Médard les Soissons, pour nous transmettre les traditions que nous suivons encore aujourd'hui.



En 579, le Roi de Soissons CHILDERIC (457-481), institua les archers arbalétriers en Compagnies dont le siège était rue Barald jusqu'en 948, année où fut brûlée lé ville de Soissons, par Hugues le Grand ou le Blanc (897-956), comte de Paris, Duc des Francs. La Compagnie fut réformée en 1190 par Raoul de Vesles, qui fit don d'une Chapelle.



Au Moyen Age, la ville de Rodez dont était domiciliée la Compagnie des Francs Archers un "jeton d'archers" à été mis à jour. Ces Archers étaient dispensés du paiement de la dîme par Edit Royal. CHARLEMAGNE ou CHARLES 1er le Grand (768-814) demande que ses soldats soient armés d'une lance, d'un bouclier, d'un arc avec deux cordes et douze flèches. En 825, les Compagnies de tir à l'Arc sont créées par l'évêque de SOISSONS.


CHARLES LE CHAUVE ( 840-877), l'évêque de SOISSONS fait le voeu de faire venir des reliques de SAINT-SEBASTIEN ( saint patron des Archers fêté le 20 janvier par chaque Club ou Compagnie ) dans son diocèse. Il charge Chevaliers et Archers armés de la Compagnie d'Arc de Soissons de cette mission. Les reliques sont rapportées aux abbayes de Saint-Médard et de Saint -Waast, ce qui est à l'origine de la "Chevalerie de l'Arc".


A la fin du IX ème siècle, le bon Comte d'Aurillac, le futur Saint-Géraud canonisé en 972 fondateur de l'abbaye d'Aurillac (Capitale de la Haute Auvergne grâce au Seigneur Etienne, évêque d'Auvergne ), ayant appris la résolution de fonder une abbaye sur ses terres utilisa un moyen original pour en déterminer l'emplacement. Du haut de son donjon, dominant la Vallée de la Jordanne, il décocha une flèche et l'abbaye fût construite à l'emplacement où elle se planta.



Les invasions normandes du 12 ème siècle, qui suivirent le règne du grand empereur, virent les premières batailles à l'arc. Pour la défense, les Compagnies d'archers s'installèrent donc en chapelets, tout au long des affluents de droite de la seine : quatre rivières qui délimitaient "île" de France qu'on appelle toujours le "pays d'arc".


EDOUARD I décrète que tout homme valide doit avoir un arc et des flèches.


SAINT-LOUIS, ou LOUIS IX publia une ordonnance dans laquelle chacun était "requis de prendre exercice du noble jeu d'arc plutôt que de fréquenter d'autres jeux dissolus".


Le 14 octobre 1066, les Normands vulgarisèrent le rôle des archers tout particulièrement, lors de la bataille d'Hastings.



A cette époque, lors de la bataille d'Hastings, le tir direct était inopérant contre les Saxons, en raison des hauts boucliers derrière lesquels ils s'abritaient, les Normands effectuèrent un tir indirect (arc " turquois ", en bois souple de 1.50m de haut sur lequel était entre collés des nerfs de boeuf, il fallait être très fort pour le boucler), blessant ainsi leurs adversaires au visage, aux épaules et aux bras. L'archer Normand, devant se déplacer rapidement d'un point à un autre, était vêtu légèrement comme le montre la tapisserie de Bayeux. En dehors du combat, les arcs étaient enfermés dans un " archais " évitant entre autres aux coudes de rechange d'être mouillés par mauvais temps. Son carquois ou " couiré " était suspendu soit au coup, soit à la ceinture. Depuis le Xème siècle, lorsqu'ils n'étaient pas tendus, les arcs étaient à contrecourbe et là, seules les extrémités fléchissaient. Elles avaient le bout encoché en corne, collé et renforcé par un frettage de soie ou de boyau.


Au XIIème siècle, apparaît l'arc Oriental dit " turquois ",emprunté certainement lors des premières croisades aux musulmans du Proche-Orient. Il comportait une poigné centrale et deux de ses branches avaient la forme d'une accolade C'est le modèle des sculpteurs depuis des siècles dans les reprèsentations de l'amour.